Publicités Google : Gmail, Drive et Photos peuvent alimenter des annonces personnalisées
Depuis le 16 octobre 2026, les règles de confidentialité de Google gardent l'interdiction d'annonces personnalisées tirées de Drive, Gmail et Google Photos, puis ajoutent une exception : si ces données sont rendues disponibles pour un autre service Google qui affiche des annonces personnalisées. L'aide Recherche dit que les annonces ne reposent pas directement sur la boîte Gmail ni sur la bibliothèque Photos, mais peuvent s'appuyer sur des résumés, des extraits et des inférences. La France ne figure pas dans la liste des pays où cette connexion est proposée, liste relue le 7 novembre 2026.
Jusqu'au 1er octobre 2026, les règles de confidentialité de Google disaient, en français : « Nous ne vous présentons pas d'annonces personnalisées en fonction de vos contenus sur Drive, Gmail ou Photos. » La version en vigueur le 16 octobre 2026 garde le début de la phrase et ajoute une suite : « sauf si vous choisissez de rendre les données issues de ces services disponibles pour d'autres services Google qui prennent en charge les annonces personnalisées. » Drive, Gmail et Google Photos ne deviennent pas, par défaut, une source d'annonces. L'exception ne s'ouvre que par un choix.
L'archive du 1er octobre s'arrête avant le « sauf si ». Son bandeau indique « À compter du 1 octobre 2026 ». Elle écrit « Photos », sans le mot Google. La version du 16 octobre, bandeau « À compter du 16 octobre 2026 », écrit « Google Photos » et ajoute l'exception. Le même bloc rappelle deux autres limites qui n'ont pas bougé dans ce passage : pas d'annonces personnalisées fondées sur des catégories sensibles (race, religion, orientation sexuelle, santé), et pas de partage du nom ou de l'adresse e-mail avec les annonceurs, sauf demande expresse. L'exemple du fleuriste et du bouton « Appuyer pour appeler » reste dans les deux versions. Dans cet exemple, Google peut établir l'appel et partager le numéro de téléphone avec le commerçant si la personne appuie sur le bouton.
Ce que la politique du 16 octobre autorise à relier
Juste au-dessus de l'interdiction, la version du 16 octobre explique le choix. Une personne peut autoriser certains services Google, « notamment la Recherche ou les applications Gemini », à accéder à d'autres services qu'elle utilise déjà, « comme Google Photos et les applications Workspace (Gmail et Drive, par exemple) », pour une expérience plus personnalisée. L'exemple donné : « la Recherche peut traiter certaines des données auxquelles vous l'autorisez à accéder pour personnaliser le contenu, y compris les annonces. » Cette phrase, et la mention de Gemini dans ce passage, ne figurent pas dans l'archive du 1er octobre. Le parcours de réglage propre à l'application Gemini n'a pas été ouvert.
Le mot décisif est le choix. La phrase d'interdiction ne cède que si les données sont rendues disponibles pour un service qui, lui, affiche des annonces personnalisées. La politique renvoie aux paramètres du service qui accède aux données, et au centre « Mes préférences publicitaires » pour ce qui sert à choisir les annonces.
Une annonce personnalisée, dans le texte du 16 octobre, est une annonce choisie selon les centres d'intérêt, l'activité, ou des contenus personnalisés issus des services Google. L'archive du 1er octobre s'arrêtait aux centres d'intérêt et à l'activité : les mots « ou de contenus personnalisés » sont nouveaux. L'exemple historique est une recherche « vélos tout-terrain ». La version du 16 octobre précise « dans la Recherche », ce que l'archive ne faisait pas, et dit que cette recherche peut faire apparaître des annonces d'équipement sportif sur YouTube. Le changement concret, pour Gmail, Drive et les photos, est la possibilité de les relier à un service qui affiche déjà des annonces, quand ce lien a été ouvert.
Résumés et inférences, pas le message tel quel
La page d'aide « Connecter vos applications de contenu Google » décrit le lien côté Recherche. Connecter ces applications autorise tous les services de recherche à accéder à Google Photos et à Workspace. La page précise qu'aujourd'hui, dans ce cadre, Workspace désigne Gmail et Google Agenda, d'autres applications devant suivre. Les services de recherche listés : la recherche Google, y compris le mode IA et Discover, Maps y compris « Demander à Maps », Shopping, Vols, Hôtels, Traduction et Google Actualités.
Le mode IA est la réponse rédigée par un modèle dans la recherche, par opposition à une simple liste de liens. « Demander à Maps » est la question posée dans l'application de cartes. L'aide dit que ces fonctions peuvent s'appuyer sur des réservations passées, des achats vus dans Gmail, ou la bibliothèque Photos, pour proposer un restaurant, un week-end ou un itinéraire vers un hôtel déjà réservé.
La question sur les annonces reçoit une réponse en deux temps, à garder ensemble. « Les annonces ne seront pas basées directement sur votre boîte de réception Gmail ni sur votre bibliothèque Google Photos. » Si les applications sont connectées, « la Recherche peut faire référence à des résumés, des extraits et des inférences issus de ces sources pour personnaliser votre expérience et effectuer des actions pour vous. » Puis : « Ces mêmes informations peuvent être utilisées pour vous présenter des annonces encore plus utiles. » Cette phrase de l'aide nomme la boîte Gmail et la bibliothèque Photos. Elle ne répète pas Drive, que la politique, elle, place dans la même interdiction que Gmail et Google Photos.
Une inférence, mot employé par l'aide sans définition, désigne ici une conclusion tirée des contenus, par exemple un goût ou une habitude, et non le message ou la photo montrés tels quels à un annonceur. La politique continue d'écrire que le nom et l'e-mail ne sont pas partagés avec les annonceurs, sauf demande expresse. L'aide ne détaille pas ce que recouvrent les « actions » que la Recherche pourrait effectuer.
La même page prévient que l'intelligence personnalisée peut se tromper. Une question suivante dans le mode IA, ou dans Demander à Maps, sert à corriger.
Où le bouton est proposé
La connexion est réservée aux 18 ans et plus, sur un compte Google personnel, avec les recommandations personnalisées activées. Le chemin indiqué pour un ordinateur : dans le compte Google, Personnalisation des services de recherche, activer Recommandations personnalisées, puis Intelligence personnalisée supplémentaire, Applis connectées, et Connecter à côté de Google Workspace et de Google Photos.
Un bandeau en tête de page dit que les paramètres des services de recherche sont en train d'être modifiés, et qu'ils peuvent ne pas correspondre à l'écran du moment. La page liste ces services : Recherche, Maps, Shopping, Vols, Hôtels, Traduction et Google Actualités.
La liste des pays et territoires de cette page, relue le 7 novembre 2026, inclut les États-Unis et le Canada. Elle ne contient pas la France, ni l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, le Royaume-Uni, la Suisse, le Luxembourg, l'Irlande, le Portugal, l'Autriche ou la Pologne. D'autres pays européens y figurent, dont la Turquie et l'Ukraine : l'absence française n'est pas une absence de tout le continent, et tous les États de l'Union européenne n'ont pas été vérifiés un par un. La page ajoute que l'accès s'étend progressivement à davantage de personnes, de langues et de régions. Le français figure parmi les langues, ce qui ne place pas la France dans la liste des pays.
Deux limites se superposent, sans se confondre avec cette liste. La connexion à Google Agenda n'est disponible qu'aux États-Unis et en anglais. La connexion à Google Photos « n'est pas disponible dans toutes les régions », sans que la page ne donne une seconde liste. Pour Photos, l'aide demande en outre d'activer les groupes de visages (le rangement des clichés selon les personnes qui y figurent), de sélectionner son visage, et d'activer « Estimer les lieux manquants », sinon la recherche ne personnalise pas à partir de ces données.
« Demander à Maps » a encore une autre liste, plus courte : Australie, Canada, États-Unis et Inde en anglais, Inde en hindi, Japon en japonais, Indonésie en indonésien, Mexique en espagnol, Brésil en portugais, et le Canada en français. Pour cette fonction, l'aide ne cite que Gmail comme application Workspace connectable. La France n'est pas dans cette liste non plus.
Pour un compte utilisé en France, la phrase nouvelle est donc déjà dans la politique en français. Le bouton décrit par l'aide n'est pas, sur la liste lue le 7 novembre, proposé dans ce pays. Les deux constats tiennent ensemble. Si la liste s'allonge, le « sauf si » de la politique devient un réglage réel, pas seulement une phrase.
L'aide décrit un second geste, distinct du bouton Connecter. Pour des réponses plus personnalisées, elle indique d'ouvrir Gmail sur ordinateur, puis Paramètres, Voir tous les paramètres, onglet Général, jusqu'à « Fonctionnalités intelligentes Google Workspace », et d'activer « Fonctionnalités intelligentes dans d'autres produits Google ». Ce réglage n'est pas le même interrupteur que la connexion de Workspace ou de Photos.
Ce qui sert à entraîner les modèles
L'aide répond aussi à une question distincte des annonces : l'entraînement. Si les applications sont connectées, Google peut utiliser ces données pour améliorer ses services, y compris en entraînant des modèles d'IA générative, des programmes qui produisent du texte ou des images. Les services de recherche n'entraînent pas ces modèles directement avec la boîte Gmail, Drive, Agenda, ni avec les images et l'audio de la bibliothèque Photos. Ils peuvent s'entraîner sur des résumés, des extraits, des contenus générés et des inférences. Quand un e-mail ou un fichier est court, ou particulièrement utile pour répondre, « le résumé peut se limiter à l'e-mail ou au fichier ».
Des relecteurs humains, y compris des prestataires, examinent un sous-ensemble : interactions, résumés, extraits, inférences. La page dit qu'ils ne consultent pas les médias de la bibliothèque Photos, sauf abus, usage nuisible, ou envoi d'un commentaire. Avant cet examen, Google dit dissocier l'interaction du compte et réduire les informations personnelles, sauf besoin lié à un abus.
Déconnecter Workspace ou Photos ne vide pas l'historique des services de recherche. Cet historique, gérable sur activity.google.com, peut continuer à servir à l'amélioration des produits, entraînement compris. La page le dit sans détour : ne pas connecter des applications qui contiennent des informations que l'on ne souhaite pas voir utilisées pour entraîner des modèles, ni montrées à un relecteur.
Importer soi-même un fichier ou une image dans le mode IA reste possible sans avoir connecté les applications. Selon les paramètres, ces importations peuvent servir à améliorer les services, avec des relecteurs humains.
Ce que cela change pour un compte Google
La promesse ancienne, pas d'annonces personnalisées à partir du contenu de Gmail, Drive et Photos, est toujours la règle par défaut écrite le 16 octobre 2026. Elle cède si un autre service Google, la Recherche dans l'exemple de la politique, reçoit l'accès. L'aide Recherche précise alors ce qui peut servir à une annonce : des résumés, des extraits et des inférences, pas la boîte parcourue telle quelle. Le même accès alimente l'entraînement sur ces dérivés, et parfois sur un court message repris en entier comme « résumé ».
En France, au 7 novembre 2026, ce choix n'apparaît pas dans la liste des pays de l'aide. Il est déjà écrit dans la politique que le compte accepte. Le jour où le bouton arrive, le geste utile est celui que la page décrit : savoir quel service est connecté, et se souvenir qu'une déconnexion laisse l'historique de recherche en place.