GeekOn a lu la doc

Le bureau du Raspberry Pi revient sur PC, et l'ancien manteau ne ferme plus

Le 6 octobre, Simon Long publie enfin le bureau Debian Trixie pour PC et Mac Intel. L'image est en 64 bits. L'ancienne, restée sur le site, ne se met pas à jour : elle se remplace.

Tu retrouves le vestiaire des années plus tard. Le manteau que tu avais laissé est encore sur le cintre, celui de l'époque Bullseye, un peu tassé, toujours proposé. On te tend un neuf. Il a la même coupe, vu de loin. Il ne boutonne pas par-dessus l'ancien. Et si ton Mac est le fruit brillant d'après, le préposé secoue la tête avant même que tu poses le ticket.

Le 6 octobre 2026, Simon Long publie ça sur le site Raspberry Pi, avec une excuse en titre de section : désolé d'avoir tant fait attendre. Le bureau Debian Trixie pour PC et Mac est là, avec un client Raspberry Pi Connect dedans. L'image est en 64 bits, architecture amd64. Plus en 32 bits. Simon écrit que Debian a arrêté le 32 bits pour les architectures PC. La plupart des PC d'à peu près quinze ans, dit-il, et la plupart des Mac Intel, devraient s'en accommoder. Les Mac Apple Silicon, non : le support Debian y est encore expérimental, et cette image-là ne démarrera pas dessus.

D'où vient le manteau

Le billet raconte l'origine sans en faire une légende. En 2016, le bureau spécifique au Pi sort d'un LXDE repris en main. Simon avait un acronyme, PIXEL, qu'une autre boîte avait déjà réclamé. Eben Upton passe devant le bureau et lâche que ce serait bien, sur son Mac. Un week-end plus tard, un Mac démarre sur une clé, avec le bureau du Pi à peu près entier. Le DVD de Noël du MagPi suit. En 2017, la première version installable.

Puis le problème qu'ils se sont créé : les gens aiment ça sur des machines qui ne sont pas des Pi, et la société gagne sa vie en vendant des Pi, pas en facturant le logiciel. Le temps d'ingénierie part ailleurs. Ils ont quand même suivi Buster et Bullseye. Ensuite, plus rien de neuf. L'image Bullseye est restée sur le site, pour qui la voulait. Deux ou trois mails par semaine demandaient la suite. Simon écrit qu'ils n'avaient pas de date à donner, parce qu'ils ne la connaissaient pas.

Cette année, dit-il, c'est surtout Serge qui a remis le bureau sur une image Trixie. Le « nous » du billet se corrige tout seul entre parenthèses. J'aime bien ce genre de parenthèse. Elle dit qui a fait le travail, sans communiqué.

Ce qui ne se met pas à jour

Le jour même, sous le billet, quelqu'un pose la question utile : est-ce qu'on met à niveau l'ancienne installation, ou est-ce qu'on remplace. La réponse de Simon est courte. Non. L'ancienne est en 32 bits, celle-ci en 64. C'est un remplacement complet. Le manteau neuf ne se boutonne pas sur l'ancien. Tu réinstalles.

Le bureau, lui, est aligné sur les changements récents : Control Centre, le nouveau dock. Connect est ajouté, pour piloter un PC ou un Mac comme on pilote un Pi. Écran partagé, ou terminal distant. La différence d'inscription : sur un PC, on te demande un nom pour identifier la machine. Sur un Pi, c'est un identifiant matériel, et le nom n'est pas demandé. Le nom choisi apparaît dans la liste, sur le site Connect.

Côté installation, c'est une image Debian live. Tu écris l'ISO sur une clé, tu démarres dessus. Le menu propose run with persistence : les changements reviennent sur la clé. Il propose aussi de remettre la persistance à zéro, et la clé redevient l'image d'origine. Une fois dedans, l'installeur Debian Calamares est là, raccourci sur le bureau ou entrée Install Raspberry Pi OS dans les outils système, pour le disque ou le SSD.

Les widgets, Simon le précise dans un autre commentaire du jour : ce n'est plus l'ancien format LXDE. Le panneau s'appelle wf-panel-pi, et il est fait pour Wayland, plus pour X. Le détail est dans la réponse, pas dans le corps du billet. Il compte quand même, si tu comptais recycler un applet de l'ère lxpanel.

Ce qu'il ne promet pas

Un lecteur demande si c'est encore un one-shot. Simon, le soir même : l'intention est de continuer à le sortir et à le supporter. Pas de promesse. Si ce n'était pas l'intention, ils n'auraient pas pris la peine, ils auraient laissé mourir le truc en silence. Et il ajoute que ça dépendra des téléchargements, parce qu'il a assuré en interne que la demande était là. La chute est à lui. Je la laisse.

Apple Silicon : pas de port prévu tant que Debian ne considère plus son support comme expérimental. En attendant, son conseil est une virtualisation de l'image ARM64 habituelle du Pi. Il n'a pas essayé. Il écrit que, en théorie, ça devrait marcher, et que c'est surtout une intuition. WSL sous Windows 11 : un collègue pense que oui, Simon n'a pas testé. Deux maybes. Je ne les range pas dans la colonne « supporté ».

✍️ À toi : si tu as encore une clé Bullseye dans un tiroir, sur quelle machine, et si le remplacement 64 bits est une bonne nouvelle ou la fin de ce PC-là. Le billet ne connaît pas ton tiroir.

Le manteau est de nouveau au vestiaire. Il est plus récent, il sait se faire piloter à distance, il démarre sur une clé en gardant tes changements. Il ne rentre pas sur l'ancien cintre 32 bits, ni sur le Mac qui a changé de processeur entre-temps. Désolé pour l'attente, dit le préposé. Le cintre d'à côté, celui que tu utilisais, reste vide : on ne le rallonge pas. On t'en donne un autre.