Consoles portables : Intel monte sur le ring, et le vrai combat se joue à la batterie
Un troisième poids lourd entre dans l'arène des consoles portables PC. À la pesée, tout le monde compare la puissance. Sur le ring, c'est l'autonomie qui met K.-O.
Mesdames et messieurs, dans le coin gauche, le tenant du titre…
Pendant des années, le ring des consoles portables PC n'a connu que deux combattants, qui se tournaient autour round après round. Et voilà qu'au CES, un troisième poids lourd enjambe les cordes : Intel, avec des machines de plusieurs constructeurs. La salle s'emballe, les fiches techniques circulent, et tout le monde se précipite à la pesée pour comparer la puissance brute.
Erreur de débutant. La pesée, c'est du spectacle. Le combat, lui, se gagne ailleurs.
Pourquoi la pesée ne dit presque rien
Sur une machine qu'on tient dans les mains, la puissance ne dépend pas vraiment de la puce. Elle dépend de la chaleur qu'on peut évacuer, donc de la taille du ventilateur et de l'épaisseur du boîtier. Deux machines aux processeurs différents mais avec le même budget thermique finissent au même endroit, à quelques pour cent près.
C'est comme deux boxeurs de la même catégorie de poids : les muscles se valent. Ce qui fait la différence, c'est l'endurance.
Et sur une console portable, l'endurance, c'est ce qu'elle fait quand on ne lui demande presque rien : sa consommation au repos, sa gestion de la veille, sa capacité à descendre très bas sur un petit jeu tranquille. C'est là que les architectures se séparent vraiment, et c'est précisément ce qu'aucune fiche technique ne mentionne.
Les quatre rounds de mon combat
Pour départager les combattants, un seul arbitre : un protocole identique pour tout le monde, avec l'écran réglé à la même luminosité mesurée (en nits, pas en pourcentage : 50 % d'un écran ne veut rien dire comparé à 50 % d'un autre).
- Round 1, le petit jeu 2D limité à 30 images par seconde. On mesure le plancher de consommation. C'est le scénario de la majorité des vraies sessions de jeu.
- Round 2, le gros jeu 3D récent, réglages moyens, sans limite d'images. On mesure le plafond, celui que tout le monde publie.
- Round 3, la veille de douze heures, batterie relevée avant et après. C'est le round le plus révélateur, et le moins disputé. Une machine qui perd 20 % de charge dans ton sac, c'est une machine que tu retrouves à plat au pire moment.
- Round 4, la sortie de veille, chronométrée dix fois. Le confort au quotidien se joue presque entièrement là-dessus.
Ce que change un troisième combattant
Pour toi, à court terme : pas grand-chose. Les premières machines d'une nouvelle plateforme encaissent toujours quelques coups à cause de leur jeunesse logicielle, pilotes en tête.
L'effet se joue plutôt au niveau de la fédération. À deux, un marché se cale tranquillement sur un prix. À trois, quelqu'un finit par avoir intérêt à le casser. Et toute la couche logicielle (pilotes, compatibilité, outils) reçoit soudain beaucoup plus d'attention. Ça, c'est bon pour tous les joueurs.
Alors, sur qui je parie ?
Si c'est ta machine principale, attends la revanche : la deuxième génération. Si tu adores ce moment où rien ne marche tout à fait et où tu passes tes soirées sur des forums à bidouiller… monte sur le ring maintenant, c'est ton heure de gloire.
Les deux paris se valent. Ils ne s'adressent juste pas au même public. Et quel que soit le vainqueur, le vrai gagnant de ce combat, c'est la batterie de ceux qui auront attendu les bons chiffres.