EA Sports FC 27 : on enfile la blouse blanche pour savoir ce qui a VRAIMENT changé
Chaque année, un nouveau jeu de foot et la même réponse molle : « c'est plus fluide ». Cette fois, on sort les éprouvettes, le protocole et le chronomètre.
Laboratoire de recherche vidéoludique, bâtiment B. Sur la paillasse : deux consoles, deux manettes, un chronomètre et un carnet quadrillé. Au mur, une question écrite en lettres capitales, la même depuis quinze ans :
QU'EST-CE QUI A CHANGÉ DEPUIS L'AN DERNIER ?
Chaque année, un nouveau jeu de foot sort. Chaque année, on pose cette question. Et chaque année, on obtient la même réponse molle, marmonnée entre deux matchs : « Bah… c'est un peu plus fluide ? »
EA Sports FC 27 est sorti le 25 septembre, avec jusqu'à sept jours d'accès anticipé pour ceux qui ont payé les éditions les plus chères. Cette fois, on ne va pas se contenter d'une impression de manette. On enfile la blouse.
Le protocole (oui, un protocole pour un jeu de foot)
Pour comparer deux éditions sans se raconter d'histoires, il faut fixer les règles avant de toucher une manette. C'est la base de toute expérience digne de ce nom :
- Mêmes conditions de labo : même équipe, même adversaire, même difficulté, même durée de mi-temps, sur les deux jeux, en alternant.
- Un échantillon sérieux : dix matchs minimum. En dessous, tu mesures surtout ton propre échauffement.
- Trois relevés par match : les buts marqués en contre-attaque, le taux de réussite des passes longues, le nombre d'arrêts du gardien.
- L'expérience en aveugle : les notes de version, seulement après les matchs. Pour ne pas voir ce qu'on t'a dit de voir.
Ce n'est pas très romantique, je te l'accorde. Mais c'est ce qu'il faut pour répondre à la seule question qui compte vraiment : est-ce que ça vaut le coup de repasser à la caisse ?
Les trois éprouvettes où ça bouge pour de vrai
Le moteur physique. C'est ce qui se sent le plus vite : le poids du ballon, la façon dont un joueur pivote, les contacts entre les corps. Un vrai changement ici, tu le détectes dès le troisième match, sans aucun instrument de mesure.
Les licences. Un club, une compétition ou un championnat qui arrive ou disparaît change plus l'expérience qu'une refonte des menus. C'est rarement mis en avant dans la communication, et c'est souvent le vrai changement de l'année.
L'économie du mode cartes. Le changement le plus important d'une édition à l'autre est rarement sportif. C'est le rythme auquel le mode où l'on collectionne des cartes de joueurs te distribue des récompenses… et t'en réclame en retour. Ça se mesure en heures de jeu par récompense, et ce chiffre-là n'apparaît jamais dans le communiqué.
Les expériences qui ratent chaque année
L'intelligence des coéquipiers quand ils n'ont pas le ballon, les animations de but, la structure du mode carrière. Trois des choses que les joueurs réclament depuis des années, et qui bougent à peine.
Ce n'est pas du mépris. Ce sont les chantiers les plus chers, et leur absence ne fait pas baisser les ventes. Un jeu qui sort tous les ans finance très bien les petites retouches, et très mal les grandes refontes. C'est l'économie de l'annualisation, et aucun protocole n'y changera rien.
Les résultats de l'étude ?
Pas encore ! La grille est prête, le carnet est ouvert, le chronomètre attend. L'article qui suivra dira, point par point, ce qui a bougé et de combien.
Et au passage, le jeu a eu le bon goût de sortir en fin de mois, loin de l'embouteillage du début septembre. Franchement, c'est tout ce que j'aimerais lire avant d'acheter : des mesures, pas des adjectifs.